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La dimension sociale et psychologique de l'endettement

Dans une société où l’identité d’un individu se forge à même les biens qu’il possède, où l’argent virtuel règne en roi et maître et où la valorisation sociale d’un individu passe à travers la consommation et l’accès au crédit, les phénomènes de l’endettement et de la surconsommation deviennent des problématiques de plus en plus complexes.  Qui sont ces consommateurs surendettés?    M. Gérard Duhaime, professeur de sociologie au département de consommation de l'Université Laval, tente de répondre à cette question en définissant trois grandes trajectoires de l’endettement : l’endettement rapide, l’endettement des personnes vulnérables et l’endettement lié à la surconsommation.

Bien souvent, l’endettement dit « rapide » survient lorsqu’un événement majeur se manifeste dans la vie d’un individu.  On parle ici d’un élément déclencheur comme la maladie, un divorce, la perte d’un emploi, un deuil ou tout autre événement provoquant chez une personne un bouleversement soudain de son cadre de vie.

D’autre part, les personnes vulnérables, issues, entre autres, de milieux dans lesquels il est difficile d’établir un équilibre budgétaire, connaissent, quant à elles, un autre genre d’endettement, un endettement plus sournois, qui arrive petit à petit, qu’on ne voit venir.  Il s’agit d’un endettement provenant, bien souvent, de pratiques commerciales douteuses, d’une méconnaissance de leurs droits en tant que consommateur ou encore de la pression sociale. 

Au-delà d’un élément déclencheur ou d’un milieu de vie défavorable, il existe un autre type d’endettement, celui qui est lié à la surconsommation qui est vécue comme une dépendance.  Il s’agit d’un type d’endettement lié à un manque à gagner au niveau des émotions d’un individu qui est compensé par des achats impulsifs ou compulsifs à moyen ou à long terme. 

Qu’en est-il maintenant de la dimension psychologique des personnes endettées?  Sans tomber dans la « psycho pop », un mal de vivre peut souvent être identifié chez les personnes qui utilisent la consommation pour apaiser leur souffrance puisque celle-ci amène une gratification instantanée.   Ce sentiment est de courte durée, peut-être, mais il procure une valorisation concrète auprès des individus ayant, par exemple, une faible estime de soi.  Certains psychologues, comme madame Jacinthe Baribeau, n’hésitent pas à établir une corrélation entre les expériences socio-affectives vécues pendant l’enfance et la problématique de la surconsommation à l’âge adulte pouvant mener au surendettement. 

Évidemment, la surconsommation et le surendettement sont des problématiques extrêmement complexes dont les sources ne peuvent pas être identifiées en quelques paragraphes.  Il s’agit ici de donner matière à réfléchir à propos d’une société qui valorise sans cesse et de façon de plus en plus agressive, l’utilisation du crédit, c’est-à-dire, l’utilisation de l’argent qui ne nous appartient pas, afin de consommer plus, plus et toujours plus.  

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunauté virtuelles d'Industrie Canada.
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