Des recommandations timides pour de lourds constats selon la CACQ
Montréal, le 4 avril 2008 / Le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, créature du gouvernement du Québec, rendait public hier son rapport sur les impacts des hausses tarifaires auprès des ménages à faible revenu. À la lecture de ce rapport, la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) remarque que les recommandations du comité concernant les hausses de tarifs de l’électricité, l’un des services essentiels, sont plutôt timides.
« Le comité consultatif constate, tout comme la CACQ, que plusieurs ménages à faibles revenu ont des difficultés à payer leur compte d’électricité », affirme Isabelle Thibeault, porte-parole de la CACQ. Près de 20% de la population québécoise se situe sous le seuil de faible revenu. De ce 20%, Hydro-Québec Distribution estime à 40 000 le nombre de clients qui se retrouvent en situation de sérieux retards de paiements. D’ailleurs, la moitié d’entre eux convient d’une entente de paiement pour les «clients à faible revenu».
Les ménages sous le seuil de faible revenu consacrent en moyenne 7,5% de leur revenu aux dépenses en électricité incluant le chauffage, alors que les ménages se situant au-dessus de ce seuil y consacrent en moyenne 3,1%. « Ce qui illustre, dans plusieurs cas, qu’il ne s’agit pas uniquement d’un problème de revenus, mais aussi d’un problème de logements vétustes et énergivores », souligne madame Thibeault.
Depuis 2004, les tarifs d’électricité ont augmenté de 16,4% incluant la hausse accordée par le Régie de l’énergie pour le 1er avril 2008. «Ce sont les ménages à faible revenu qui sont le plus pénalisés», explique madame Thibeault. « Avant même le dégel des tarifs en 2004, plusieurs de ces ménages étaient déjà dans l’incapacité de rencontrer les coûts de l’électricité », rappelle-t-elle.
Les recommandations du comité en matière d’efficacité énergétique sont louables, puisqu’elles visent à améliorer la capacité des ménages à faible revenu à assumer leurs coûts d’énergie, mais elles sont insuffisantes, selon madame Thibeault. Nous constatons que pour l’instant, les programmes déjà en place ont un taux de pénétration très faible puisqu’ils ne touchent qu’un ménage sur cinq », poursuit-elle.
Une autre des recommandations proposée est l’instauration d’un crédit énergie jumelé au remboursement de la TVQ qui permettrait aux ménages à faible revenu de ne pas subir les conséquences des hausses de tarifs. «Il s’agit d’une mesure transitoire que nous saluons puisque chaque nouveau dollars dans les poches des ménages à faible revenu est une bonne nouvelle», affirme Isabelle Thibeault. « Par contre, cette mesure semble mince compte tenu de la fréquence du soutien (2 fois pas année). Il serait préférable d’offrir une aide mensuelle qui correspondrait au rythme de facturation des fournisseurs d’énergie », suggère madame Thibeault.
Le rapport propose aussi que le gouvernement examine la pertinence et la faisabilité de mettre en en place un régime de soutien permettant à tous d’avoir accès aux biens et services nécessaires pour satisfaire leurs besoins de base. « Devant les constats accablants de ce rapport concernant les difficultés des ménages à faible revenu à combler leurs besoins de base, comment expliquer que le comité parle encore d’évaluer la pertinence de mettre en place un tel régime? », questionne madame Thibeault.
La CACQ considère comme un droit pour tous les Québécois, nonobstant les contraintes de pauvreté, l’accès et le maintien à une source d’énergie (incluant électricité, gaz et mazout) permettant de se chauffer, de s’éclairer et d’assurer tous les autres services domestiques. Elle demande donc que le Comité consultatif travaille d’ores et déjà à la mise en place d’un réel programme de soutien spécifiquement adapté à la dure réalité des personnes vivant quotidiennement sous le seuil de pauvreté, conclut madame Thibeault.
La Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) est un regroupement de plus d’une vingtaine d’associations de consommateurs réparties à travers tout le Québec qui vise la promotion et la défense des intérêts des consommateurs.
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Contact média : Caroline Toupin, CACQ
Tél. : 514-362-8623
Isabelle Thibeault, porte-parole de la CACQ est disponible pour des entrevues.
Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunauté virtuelles d'Industrie Canada.